2017

2016

A découvrir dans Pratique des Arts n°129 un article sur mes carnets de voyage en Afrique.

A lire, dans Pratique des Arts d'avril/mai, un sympathique article signé David Gauduchon sur l'Atelier du passage !

2015

Dans le bulletin officiel du Yacht Club de France et Clubs Alliés n°358, automne 2015, un article signé Pauline Marcel.

Numéro de mars/avril de Bretagne magazine,

un article signé Nathalie Couillaud, photo Thierry Pasquet.

Des peintres de marine à Abu Dhabi

Eric Bari travaillant dans le port d’Abou Dabi © Marine nationale
Dernière mise à jour : le 9 Février 2015 à 14:01

Le contre-amiral Antoine Beaussant, commandant la zone maritime de l’océan Indien (Alindien), a invité une délégation de 11 peintres officiels de la marine (POM) pour une escale-résidence de 11 jours à Abou Dabi pendant le mois de janvier 2015.

Le séjour des peintres, sculpteurs et dessinateurs a été marqué par la découverte de l’environnement émirien, notamment Abou Dabi, Dubaï et le désert de Liwa, ainsi que par de larges plages de temps dédiées à la création.

Fidèles à leurs thèmes de prédilection, une grande partie des artistes a choisi des sujets liés aux bateaux, au port et aux poissons. Au-delà de ce cadre familier, les peintres ont été confrontés à l’immensité du désert. De leur ressenti et de leur talent est née une exposition, intitulée Infinis, de la mer au désert, accrochée en collaboration avec la galerie d’art émirienne Art Hub, du 26 janvier au 27 février 2015, à l’hôtel Dusit Thani d’Abou Dabi. Les POM se sont également rendus à la British School al Khubairat d’Abou Dabi pour animer une classe d’art appliqué en présence d’élèves de tous horizons, une occasion de faire découvrir à des jeunes l’institution des peintres officiels de la marine.

Interrogés sur leur résidence, les peintres se sont déclarés « stupéfaits » par le dynamisme et l’énergie dégagée par Abou Dabi, ville où tout semble être possible. Du côté des militaires, c’est bien le talent et la capacité des peintres à faire naître des œuvres d’art en un temps limité qui a frappé, ainsi que le don de chacun pour représenter un même sujet en y insufflant sa propre personnalité.

Le corps des POM a été créé en 1830. Il vise à distinguer les artistes dont les œuvres traitent de la Marine, des marins, de la mer et des gens de mer. L’association des POM compte actuellement un peu moins de 50 membres. Ceux-ci sont nommés par le ministre de la défense, ont le droit de porter un uniforme et d’accompagner leur signature d’une ancre de marine.

Source : Marine nationale
Crédits : Marine nationale

2014

Sorti depuis le mois de décembre voici un beau livre sur les BPC de Luc-Christophe Guillerm avec en prime pour les 3000 premiers exemplaires un portfolio réunissant mes gouaches.

Marie Détrée, peintre officiel de la Marine, immortalise les marins pompiers

© Marine nationale
Dernière mise à jour : le 9 Avril 2014 à 15:22


Le Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM) a accueilli pendant 10 jours Marie Détrée, Peintre officiel de marine (POM) depuis 2010. Marie Détrée a majoritairement embarqué à bord de nombreux bâtiments de combat de la Marine nationale, mais elle s’est inspirée cette fois-ci de l’effervescente vie de caserne et de l’activité opérationnelle quotidienne des marins-pompiers. Sous les pinceaux de l’artiste, les véhicules incendie et sanitaire d'une formation atypique de la Marine nationale ont pris vie en lieu et place des coursives des bateaux gris.

En cette année mémorielle durant laquelle le BMPM célèbre ses 75 ans d’existence, Marie Détrée a immortalisé avec précision et finesse, au travers d’une quinzaine de gouaches, le quotidien et le cadre de vie hors normes des marins du feu.

De l'imminence des départs en intervention sanitaire à bord d'un véhicule de secours aux victimes (VSAV) aux entraînements du groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP) au cœur même du parc national des Calanques en passant par le chahut des embarcations rapides de secours côtier des sauveteurs aquatiques, les sujets d’inspirations étaient nombreux.

Son carnet de croquis s’est rapidement animé des sujets caractéristiques de l'unité et emblématiques de la cité phocéenne : les centres d’incendie et de secours de Saint Pierre, Port de Bouc, La Bigue et de l'île du Frioul, mais aussi les bateaux pompes Louis Collet et Lacydon, les ateliers du centre technique de la base logistique de Plombières, ou encore l’état-major, avec son bâtiment centenaire aux allures de manoir et bien entendu la symbolique Notre Dame de la Garde...

Source: BMPM
Droits: Marine nationale

Marie Détrée.

Une « POM » fière de l'être

 Vincent Varron / 20 janvier 2014

 


 

Lors du Salon de la Marine qui aura lieu du 10 mars au 6 avril, Marie Détrée, la benjamine des peintres officiels de la Marine, et ses pairs, exposeront leurs oeuvres au Palais de Chaillot. Embarquant sans relâche sur les navires de guerre, cette artiste de terrain dépoussière l'image désuète qui colle parfois à la peinture de marines.

Marie Détrée passe l'hiver dans une bulle. Son atelier d'artiste, dans un bel appartement de famille, d'où l'on aperçoit la tour Eiffel. Elle trie ses gouaches, ses photos d'escales, et s'en inspire pour donner vie à des peintures figuratives. Ici, un volcan et des containers cobalt dans un format à l'italienne, là, des pins maritimes dans l'horizon cendre bleu. Lorsqu'elle sort de chez elle, on se dit que cette brune coquette de quarante ans cache bien son jeu. Derrière les apparences, s'épanouit un peintre officiel de la Marine (POM). Avec ce titre la rattachant au grade d'officier de la Marine nationale, nulle indemnisation. Néanmoins, une reconnaissance liée au prestige du corps des « POM », apparu lors de la Monarchie de Juillet, en 1830, pour contribuer au rayonnement de la Navale. Et au-delà de ça, ce privilège d'embarquer sur les navires de guerre comme peintre témoin. Le rêve, pour cette fille et petite-fille de marins de commerce, longtemps restée à quai...

La benjamine des POM

Haute comme trois pommes, Marie courait après les margouillats, des petits lézards, le long des côtes africaines d'où embarquait son père. « Au fond, je recherche peut-être à revivre ces instants-là », glisse-t-elle a posteriori. À Saint-Malo (35), dans la maison de vacances, l'adolescente passera son temps à dessiner, des îles le plus souvent. « Au moins on me laissait en paix ! », observe-t-elle. Des années plus tard, elle devient diplômée de l'école nationale des Beaux-arts de Paris, et très au fait de l'esthétique du mur de l'Atlantique... Elle participe aussi à plusieurs concours aux salons de la Marine. Et, en avril 2010, devant le gotha de la Royale, elle obtient le titre prestigieux de Peintre officiel de la Marine. La nouvelle benjamine des « POM » va désormais côtoyer ses pairs, une cinquantaine, dont cinq femmes seulement. Leur moyenne d'âge ? 65 ans au bas mot...

Une tradition bien ancrée

Aujourd'hui, rares sont les gars de la Marine qui n'ont pas aperçu la fille aux yeux d'outre-mer, en uniforme de lieutenant de vaisseau. À bord des patrouilleurs, frégates, porte-hélicoptères où elle est montée, Marie a suspendu ses portraits et tableaux d'opérations militaires. « Les pachas perpétuent cette tradition, ils tiennent à leur peinture dans le carré, comme à leur peintre dans les cocktails », témoigne-t-elle. Lors des escales, le lieutenant redevient une civile, à l'écart « d'une promiscuité d'un univers masculin ». Elle s'éclipse, carnet de voyages en main. « Finalement, ce n'est pas si reposant, nuance-t-elle. On a alors envie de tout voir, on passe son temps à crapahuter... ».

Une artiste aventurière

Dans son appartement, sur un globe terrestre, Marie effleure du doigt ses escales : Djibouti, Tokyo, les îles Kerguelen, La Réunion... Depuis 2010, elle a déjà passé neuf mois en mer! Et elle a vécu des histoires dignes des romans S.A.S. Comme ce jour où elle reçoit un coup de fil d'un commandant : « Rendez-vous à Lanvéoc. Destination top-secrète ! ». Arrivée dans la presqu'île de Crozon, elle est hélitreuillée avec sa mallette à bord d'un sous-marin nucléaire qui repart aussitôt en plongée. Une autre fois, au large des côtes somaliennes, elle se retrouve dans une opération anti-piraterie. « L'extérieur du bateau m'était interdit. J'ai donc peint la scène à partir des images d'une caméra de surveillance. Cela m'a même valu une décoration ! », se félicite-elle. On la définit comme une bourlingueuse. Michel Bez, président de l'association des « POM », confirme cette réputation. Il voit en elle « une véritable peintre de terrain ». Comme les « POM » Marin-Marie ou Albert Brenet dans les années 30. Avec une touche glamour en prime.

2013

Cols Bleus du 9 novembre 2013


 

MARIE DÉTRÉE - Peintre de la Marine

 

 

 

 

Crédit Photo ⒸEric Berti

 

Lepetitjournal.com: L’institution des Peintres officiels de la Marine est assez mystérieuse. Comment devient-on un "POM" ? Etes vous rémunérée par la Marine lors de vos missions ?

Marie Détrée - Les Peintres officiels de la Marine sont une institution très ancienne, qui remonte à Louis Philippe (1830). Il s’agissait alors de nommer des artistes pouvant accompagner les navires de la Marine dans les grandes expéditions de découverte, en Asie ou en Afrique, mais également de garder témoignage de la vie quotidienne des marins de la "Royale". Aujourd’hui, les "POM" sont nommés par décret après une sélection par le jury du Salon de la Marine, une exposition sur le thème de la mer qui se tient tous les deux ans au musée de la Marine à Paris. J’ai ainsi exposé à plusieurs reprises au Salon de la Marine avant d’être nommée, en 2010, Peintre officiel de la Marine. L’institution ne comporte d’ailleurs pas que des peintres, mais aussi des sculpteurs, des photographes ou des cinéastes. Les POM ne sont pas rémunérés, mais sont les hôtes des bâtiments de la Marine. C’est un honneur d’intégrer l’Institution et de pouvoir apposer une ancre à sa signature !

 

Quelles ont été vos missions les plus intéressantes comme Peintre officiel de la Marine ?

L’intérêt du statut de POM, qui nous confère un grade honorifique et un uniforme, est de pouvoir embarquer sur des navires de la Marine nationale et de participer pleinement à la vie de l’équipage. J’ai pu ainsi naviguer sur des bâtiments de types très différents, allant du patrouilleur au bâtiment de projection et de commandement. Mon expérience la plus extraordinaire fut sans doute de pouvoir embarquer quatre jours dans un sous-marin nucléaire lanceur d’engin, le Triomphant. J’ai été ainsi la première femme ur le Triomphant à l’époque, Marc Delorme, qui travaille aujourd’hui dans l’industrie de Défense. Cette mission dans le Pacifique sera également l’un de mes plus beaux souvenirs de POM !

Comment avez-vous été amenée à réaliser cette mission dans le Pacifique ?

 

Cette mission a répondu à une requête du consul général de France à Sydney, Eric Berti, par ailleurs officier de la réserve citoyenne marine, qui avait été approché à ce titre par un ancien ministre des Arts de Nouvelle-Galles du Sud, Peter Collins, qui souhaitait voir créée dans la Marine royale australienne, une institution équivalente aux POM français. Le consulat a pensé que l’International Fleet Review était l’occasion idéale pour présenter les missions et les travaux d’un Peintre officiel de la Marine, puisqu’une frégate française venue de Nouméa devait participer à l’IFR. J’étais disponible pour cette mission ; la société Thalès a généreusement financé mon billet d’avion pour rejoindre Nouméa et je remercie Chris Jenkins, directeur général de Thales en Australie pour ce soutien. J’ai été chaleureusement accueillie par le Commandant de la frégate de surveillance Vendémiaire, Jean-René Degans et par tout l’équipage. De Nouméa, nous avons gagné Brisbane, puis Jervis Bay avant d’arriver à Sydney avec les bâtiments participant à la Fleet Review.

 

Quels seront vos plus beaux souvenirs de cette mission ?

 

Cette mission fut passionnante et les images se bousculent dans ma tête. Chaque escale a apporté son lot de découvertes et de superbes paysages. Je crois cependant que le moment le plus marquant a été celui où tous les navires de la Fleet Review, soit une quarantaine de bâtiments, ont navigué ensemble entre Jervis Bay et Sydney. Je crois que j’ai compris alors l’impression saisissante qu’avaient pu connaître les témoins du Débarquement en Normandie en 1944. C’est d’ailleurs ce thème que je vais retenir pour réaliser une peinture de l’IFR qui sera exposée plus tard à Sydney, à partir des esquisses et des gouaches réalisées ici.

 

Vous avez choisi la gouache pour réaliser les peintures à bord. Pourquoi la gouache plutôt que l’aquarelle ?

 

J’aime la technique de la gouache, qui permet d’accentuer les contrastes, tout en gardant des effets de transparence. La gouache permet par ailleurs les repentirs et se rapproche à cet égard de la peinture à l’huile. C’était la technique préférée de Peintres de la Marine aussi célèbres que Marin-Marie.

 

Vous semblez avoir un intérêt particulier pour les moteurs, les équipements techniques et les grues. Est-ce pour répondre à une demande particulière de Thales ?

 

(Rires ..) Non, mais il est vrai que Chris Jenkins, a été enthousiasmé par mon travail ! Je trouve intéressant de dégager, par la peinture, la poésie des sites industriels et des équipements techniques des navires modernes. La grâce des grues portuaires, ces défis à la pesanteur, me fascine tout particulièrement. J’ai adoré visiter certains sites d’archéologie industrielle à Sydney, tels les anciens chantiers navals de Cockatoo Island, d’ailleurs dévolus désormais à l’art. Connaissant mon intérêt pour les cales sèches, Chris Jenkins m’a même proposé de vider celle dont dispose Thales à Garden Island afin que je puisse la peindre ! Je n’ai pas eu le temps de le faire lors de cette mission, mais j’espère bien revenir pour réaliser ce rêve !

 

Quelles seront les suites de cette mission, aurons-nous le plaisir de vous revoir à Sydney ?

 

J’espère pouvoir revenir à Sydney dans les prochains mois car cette ville est un paradis pour les artistes ! Je souhaiterais également découvrir le cœur rouge de l’Australie et travailler avec des peintres aborigènes dont j’admire beaucoup les œuvres. Au cours de cette mission, j’ai pu rencontrer des peintres de marine australiens, qui nous envient cette possibilité d’embarquer sur des bâtiments de la Marine nationale. Ils m’ont accueillie comme membre d’honneur dans leur association, ce qui est sans précédent. Nous allons continuer de travailler avec le consulat sur ce projet de création de l’institution des peintres de la Marine au sein de la Marine royale australienne et je prépare un livre en forme de carnet de bord, avec le soutien de Thales, pour garder un souvenir de cette mission qui aura constitué pour moi une expérience exceptionnelle.

 

Propos recueillis par Flore Grégorini (www.lepetitjournal.com/sydney), jeudi 31 octobre 2013

 

 

Marie Détrée, plus jeune peintre officiel de la Marine

 

Vannes -

 

Lundi, dix-neuf peintres officiels de la Marine ont été reçus à l'hôtel de ville par David Robo, le maire. Parmi eux, Marie Détrée, la benjamine.

Originaire de Saint-Malo, elle vit aujourd'hui à Paris, où elle suit des études aux Beaux-arts. Issue d'une famille de marins, ses sujets de prédilections s'orientent tout naturellement vers le monde maritime. Il y a trois ans, elle a été nommée peintre officiel de la Marine. Elle pensait que c'était inaccessible.

« Pour être nommé, il faut présenter un dossier devant un jury, au salon de la Marine, qui a lieu tous les deux ans, au musée de la Marine de Paris, explique-t-elle. À deux reprises, j'ai été médaillée de bronze. Cela permet déjà d'embarquer sur des bateaux. »

Pour être peintre officiel de la Marine, il faut que son dossier soit retenu. On est alors nommé pour trois ans.

« Ce n'est qu'au bout de neuf ans que l'on est titulaire, précise Marie Détrée. Nous avons un uniforme mais pas de solde. Mais être peintre officiel, cela nous permet de mieux s'intégrer aux équipages. Là, on s'ouvre des horizons fantastiques. Je suis allée en Chine, au Japon et l'an passé à Rio. C'est le plus beau métier du monde. »

Du 7 au 12mai, résidence des peintres de la Marine autour de deux thèmes: la ville de Vannes et la Semaine du Golfe. Cette résidence donnera lieu à une exposition du 19juillet au 18août au château de l'Hermine.

 

 

 

ITW dans le fabuleux "JeanMarie Magazine" du mois d'avril sur ma mission aux

Iles Kerguelen.

 

 

Escale aux Kerguelen 49°20'00''S, 69°20'00''E

 

 

Interview pour Jean-Marie Magazine n°1, 2012

 

JMM : Plus personne ne va camper à Quiberon l'été, tout le monde veut des vacances exotiques pour faire l'intéressant à la rentrée des classes. Dites-nous, vous avez contacté quelle agence de voyages pour les Kerguelen ? On embarque où et pour combien de temps quand on choisit des îles australes comme villégiature ?

 

MD : C'est une drôle d'agence de voyage, plutôt du style « Engagez-vous, vous verrez du pays » car il s'agit pour mon cas de la Marine nationale...En tant que peintre officiel de la Marine (POM) j'ai choisi de partir dans les TAAF (terres australes et antarctiques françaises) et donc les Kerguelen, dans le cadre de l'année des Outre-mer (2011).

Je suis partie de la Réunion, une île paradisiaque, pour embarquer à bord d'un patrouilleur, « l'Albatros », un ancien chalutier racheté par la Marine dans les années 80. Pour l'anecdote, ce bateau est mythique pour les marins, car, en plus d'être le plus ancien de la flotte, il est visible à la fin du film de Schoendoerffer, le fameux « Crabe-tambour » que nous avons bien sûr revisionné à bord lors des deux mois de patrouille.

 

Vous qui avez réussi à mettre pied à terre, vous aviez des copains pour vous accueillir à la descente du Zodiac, vous inviter à manger et vous montrer les coins touristiques ?

 

Les premiers que j'ai pu apercevoir s'étaient mis sur leur 31 pour m'accueillir, smoking et nœuds pap'...c'était mes copains les manchots !

Ils m'ont par la suite présentée aux humains, tout aussi sympas mais bien moins nombreux et moins bien sapés. J'ai pu déguster sur place les mets locaux, à savoir de la truite, du mouton ou du renne. Le l.... est également très prisé mais nous les marins sommes trop superstitieux pour fréquenter cette bête à civet !

Quand aux coins touristiques....il y a une charmante petite station baleinière abandonnée depuis le début du siècle dernier qui égaye le paysage par ses taches de rouille...on peut croiser l'épave de l'Alberta, ou encore dormir au chaud dans la cabane du berger sur l'Ile Longue, au bout du monde !

 

A part bien sûr les archives Thalassa, vous aviez quelques images, références sur cet archipel avant de vous diriger vers les 49°S ?

 

J'ai toujours entendu mon grand-père nous raconter la passionnante histoire des corsaires allemands qui sont venus se cacher dans l'archipel lors de la seconde guerre mondiale. Il y a d'ailleurs encore aujourd'hui la tombe d'un soldat, malencontreusement tombé de la cheminée de « l'Atlantis » la veille de Noël 1940. Enfin, avant de partir, j'avais relu « L'arche des Kerguelen »de JP Kauffmann, beau récit initiatique où l'écrivain entraîne le lecteur vers un lieu qui n'existe plus. Ces îles ont une fâcheuse propension à vous entraîner vers le voyage intérieur.

 

On se demande ce qui est le plus fascinant quand on débarque si bas sur la mappemonde, les humains ou les lieux de désolation ?

 

Les deux...j'admire le courage et la pugnacité de ces hommes qui ont tenté, en vain, de s'approprier ces îles où chaque tentative humaine semble vouée à l'échec. D'ailleurs leur histoire avait mal débuté car Kerguelen lui-même, le découvreur, n'a jamais mis pied à terre et nombre de récits corroborent la réputation maléfique des « Iles de la Désolation » ainsi baptisées par le marquis.

 

Un peu de technique picturale, la lumière du Golfe du Morbihan et de l'île Longue, version tête en bas, hémisphère sud, ne souffre-t-elle pas trop de la comparaison avec celle de notre voisinage breton ?

 

Il est vrai que nous sommes à la même latitude, mais la comparaison s’arrête là ! La violence des éléments est palpable à Kerguelen, et même si j'ai pu profiter de l'été austral, le vent est très présent, d'autant que rien ne peut l’arrêter, aucun arbre ne pousse là-bas !

J'ai été marquée par la lumière : en effet, l'air, quand il fait beau, est cristallin, tout semble baigner dans un bleu céruléen, et l'on peut voir très loin à l'horizon : j'ai compris que c'était dû à la minceur de la couche d'ozone à cet endroit précis du globe.

 

On imagine difficilement de trouver plus isolé. Vous avez d'autres projets à venir dans des coins incroyables ? Avec des gens pas tout à fait communs ?

 

Peu de temps après je suis repartie vers d'autres îles, encore moins connues et moins peuplées : les Iles Eparses, des petites îles du Sud-ouest de l'Océan Indien situées autour de Madagascar !

Mais si je pouvais choisir j'aimerai bien débarquer sur Rockall, ce fameux rocher situé au nord-ouest de l'Ecosse et qui sert à délimiter une zone du bulletin météo marin...encore un rêve, mais sait-on jamais ?

 

 

 

 

 

 

Réalisation pour Actes Sud de la vignette de couverture du "Prix des Boîtes" de Frédéric Pommier.

2012

MARIE DETREE, DES PINCEAUX POUR LA MARINE, article du Télégramme du 6 aout 2012.

 

Il y a deux ans, Marie Detrée a été sacrée peintre officiel de la Marine. Depuis, elle court les océans, laissant à la postérité de magnifiques carnets de voyage. Pendant quatre mois, elle a embarqué à bord du Dixmude, le porte-hélicoptères de la Marine nationale.

Mercredi 25 juillet, 15 h 30. Marie Detrée, 38 ans, pose sac à terre dans le port militaire de Brest après quatre mois passés à bord du Dixmude, porte-hélicoptères de la Marine nationale qui remplace la Jeanne-d'Arc. La jeune femme est visiblement émue. Elle vient de retrouver sa famille et son fils de 12 ans. «On est parti sous Sarkozy et on revient sous Hollande, plaisante-t-elle. Ça fait tout drôle. À bord, j'étais un peu coupée du monde extérieur. Je l'ai bien vécu. Une petite désintoxication à internet, aux mails et au portable n'est pas pour me déplaire». Dans le carré des officiers, Marie Detrée prend le temps d'ouvrir ses cartons à dessins. À l'intérieur, 180 gouaches et encres réalisées de Djibouti à Rio en passant par le Cap de Bonne Espérance et Abidjan. Tous ces instantanés de vie, de portraits et de paysages qui ont charmé sa rétine et qu'elle a voulu immortaliser.

Elle a vu naître le Dixmude
L'ambiance des ports l'a captivée. «Surtout les quais africains qui grouillent d'activité. J'aime cette ambiance rectiligne, quasi industrielle qu'une petite touche de couleur ou une animation intense peut troubler».
Le Dixmude prend bien évidemment une large place parmi ces nombreux croquis de voyage. «Je l'ai vu naître aux chantiers STX de Saint-Nazaire, poursuit-elle. J'ai suivi toute sa construction. J'ai donc voulu être de ce voyage inaugural pour le peindre sous toutes ses coutures». Dans le local aviation, elle montre aussi volontiers l'emblème du bateau qu'elle a eu l'honneur de peindre. En revanche, plus aucune trace des nombreux portraits des hommes d'équipage réalisés à bord. «Je les ai tous donnés aux principaux intéressés. C'était ma contribution à ce voyage, ainsi que les cours de dessin que je dispensais le soir».

Une artiste en uniforme
La démarche artistique de Marie Detrée va bien au-delà des mers. Elle a pris beaucoup de plaisir à flâner dans les rues des villes où le Dixmude faisait escale mais aussi dans l'arrière-pays, qu'elle explorait quand elle avait le temps.
Dans son sac à souvenirs picturaux, elle a ramené, entre autres, une copie d'une étiquette de canette de bière djiboutienne, des scènes de marché colorées, une gouache représentant la route des Vins près du Cap, en Afrique du Sud.
À bord, en tant que peintre de la Marine, Marie Detrée, était soumise aux mêmes règles que le reste de l'équipage. «Je portais l'uniforme, j'étais présente à l'appel du matin et j'adoptais le salut réglementaire. En revanche, quand j'embarque je ne touche pas de solde. Je ne vis pas la hiérarchie comme les autres. Les contacts sont plus simples, du commandant au matelot».
Quand elle étudiait à l'École nationale des Beaux-arts de Paris, Marie était à mille lieues d'imaginer qu'un jour elle exercerait ses talents sur le pont d'un navire de guerre. «Les choses ne sont pas si antinomiques se défend-elle à présent. De tout temps, des artistes ont été embarqués à bord des vaisseaux pour croquer les nouvelles terres explorées, les plantes et les animaux. Notre présence n'est pas du tout incongrue à bord. De plus, je suis issue d'une famille de marins. Mon père a navigué longtemps au commerce, à la Delmas sur les côtes d'Afrique». Sa vie d'artiste a bien changé depuis le jour où elle a été autorisée à apposer près de sa signature une petite ancre, le signe distinctif des peintres de la Marine. «Ce statut m'a été décerné après une exposition au Salon de la Marine, en avril 2010. Jamais en tant que civil je n'aurais pu faire ce que j'ai fait. L'an dernier, par exemple, j'ai pu installer mon chevalet aux Kerguélen, c'était magique !»

 

Didier Déniel Le Télégramme.

Georges Tourret, président de l'association et Marie Détrée, POM.
Georges Tourret, président de l'association et Marie Détrée, POM.

Remise du Prix Place de Fontenoy le 18 octobre à Paris.

 

Le Prix Place de Fontenoy est attribué par l’Association des administrateurs des affaires maritimes. Le prix s'est d'ailleurs dénommé "Prix des Administrateurs des Affaires Maritimes" jusqu'en 2008. Le Prix Place de Fontenoy récompense chaque année un ouvrage, une oeuvre artistique ou culturelle qui donne à mieux connaître la mer et les gens de mer.

Les administrateurs des affaires maritimes constituent un corps d'officiers de carrière de la Marine nationale. Ils participent à la conception, à l'élaboration et à la mise en oeuvre des politiques publiques maritimes.

2011

 

 

 

 

Voici mes deux premiers timbres, dessinés pour les TAAF et représentant l'Ile Longue aux Kerguelen. Leur sortie officiel aura lieu à Epernay le 15 avril, avis aux collectionneurs!

Départ aux TAAF : Marie Détrée-Hourrière, peintre officiel de la Marine

Entretien avec Marie Détrée-Hourrière (37 ans), une des quatre femmes qui a le statut de peintre officiel de la marine. Malouine d'origine, peintre de la Marine depuis avril 2010, elle part pour une mission dans les eaux australes.

 

 

Comment en êtes-vous arrivée à devenir peintre officiel de la Marine ? C'est assez rare, surtout pour une femme ?

 

Nous ne sommes que quatre sur les 47 peintres. La première a été nommée en 1995 ! J'ai été intronisée en avril. Il faut tout d'abord être exposée au salon de la Marine, qui a lieu à Paris une fois tous les deux ans. Sur les 500 candidats, environ 120 exposent. Il faut ensuite être retenu par le jury du salon. J'avais déjà reçu quelques prix là-bas auparavant, ce qui m'avait permis de faire deux missions. En 2008, je suis partie pendant un mois sur Le Mistral pour naviguer du côté du Japon et de la Chine...

 

D'où vous vient ce goût de peindre des bateaux ?

 

Cette passion remonte à loin. Si j'ai fait mes études aux Beaux-Arts de Paris, je suis originaire de Saint-Malo. Mon père et mon grand-père ont fait leur carrière sur mer. Mon père sur des plateformes de forage ; mon grand-père, commandant de cargo, naviguait sur la côte ouest africaine. Petite, les vacances d'été c'était sur le voilier, cap sur les îles Chausey... J'aime l'atmosphère particulière des marins, des chantiers navals.

 

Cela veut dire quoi : être « peintre officiel de la Marine » ?

 

Dans notre jargon, on dit « POM ». C'est une nomination à vie. La Marine me donne accès à un certain nombre de missions sur ses bateaux, ou dans ses arsenaux. Je n'ai pas de commande automatique, ni d'indemnités fixes... Mais c'est une vraie reconnaissance. Notamment auprès du grand public.

 

 

Quelles expériences retirez-vous de vos missions ?

 

C'est un prievilège d'être acceptée dans ce monde militaire qui, au départ, m'est si lointain. Moi qui ai fait les écoles d'art, je me retrouve à sillonner les mers, dans des navires de guerre. On est propulsé dans un monde très particulier, que l'on peut observer, décrire, longuement. Il y a un côté ethnologue. Comme nous sommes assimilés à des militaire, nous les POM, on se voit attribuer une équivalence de grade. Je suis lieutenant de vaisseau.

 

Cette année, quelle va donc être votre actualité de peintre militaire ?

 

Je vais continuer à suivre la construction du Dixmude, aux chantiers de Saint-Nazaire. La principale nouvelle pour 2011, est mon départ imminent pour les eaux australes. De la mi-janvier à la mi-mars, je serai sur L'Albatros, un navire qui va patrouiller autour des « TAAF », les Terres australes et antarctiques françaises : les îles Kerguelen, Crozet, et la Terre-Adélie au pôle Sud. On va naviguer dans les 40e Rugissants et les 50e Hurlants. Une vraie chance d'aller là-bas.

 

Ludovic Renoult

 

Figaro Madame du 11 dec
Figaro Madame du 11 dec

A lire, le dernier article de

Stéphane Dugast dans "Cols Bleus"...!

 

Cols Bleus n°2959 du 13 novembre 2010

ENTRETIEN PEINTRE DE MARINE

 

 

A PIED D'ŒUVRE 

Marie DETREE DSC_0036.JPG
© Bernard BIGER / STX Europe

 

 

Diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Marie Détrée est devenue peintre officiel de la Marine depuis avril dernier. Celle qui vit et travaille dans la Manche peint et dessine au gré de ses embarquements ou de ses pérégrinations dans les ports. Passionnée de bateaux, l’artiste a décidé cet automne de se rendre dans un port phare de la côte Atlantique afin de témoigner de la naissance d’un navire. «Un bateau gris de surcroît» s’enthousiasmait-elle…

DSC_1889 - Copie.JPGQuelles raisons vous ont poussée à venir sur le chantier du Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) Dixmude ?

- Marie Détrée : Mon idée, c’était de suivre la construction d’un bâtiment de la Marine. Renseignements pris, j’ai su que le Dixmude était en cours de construction. Même si j’arrive un peu tard, ça fait 10 mois que le chantier est réellement lancé et j’ai raté la pose symbolique du premier bloc, c’était à mes yeux important d’aller peindre ce géant des mers. J’en suis à mon deuxième séjour ici à Saint-Nazaire. Ma première gouache, je l’ai réalisée dans les bureaux de la Marine qui se trouvent à proximité de la cale sèche où se  construit en ce moment le Dixmude. J’ai réalisé cette gouache au chaud à cause de la pluie ce jour là. J’ai d’emblée voulu peindre le bateau dans son environnement, dans sa cale avec les grues et les échafaudages, le tout baigné par une lumière grise.

Que vous inspirent les chantiers STX, et plus globalement Saint-Nazaire ?  

- Ce qui est sûr c’est que je suis plutôt habitué aux lumières de la  MancheDSC_1882 - Copie.JPG où je réside ou à celles du nord de la Bretagne. C’est en venant sur le chantier du Dixmude que j’ai fait la rencontre de Saint-Nazaire. Cette ville, meurtrie par les bombardements de la seconde guerre mondiale et reconstruite à la hâte, a beaucoup de charme malgré ses blessures. Cette ville est pour moi une source d’inspiration inépuisable grâce à ses nombreux éléments et vestiges industriels. En même temps, c’est coloré, ce qui confère à l’ensemble une ambiance portuaire dont je suis fana.

Dans votre travail artistique, vous vous êtes également intéressée aux hommes du chantier ?

DSC_1874 - Copie.jpg- Et aux femmes ! J’ai ainsi réalisé une gouache en  forme de clin d’œil à l’équipe qui travaille ici. C’est une vue lors d’une réunion de chantier dans le radier du Dixmude. C’est une peinture symbolique mais j’ai voulu réunir les différents intervenants du chantier. Il y a la Marine nationale bien évidemment au centre, STX le constructeur et la DGA. Cette peinture s’est imposée pour des raisons pratiques. Le radier, c’est l’un des rares endroits en intérieur où il y a de la lumière naturelle. Vous savez, peindre un BPC en construction çà n’est pas évident… En intérieur, ce ne sont que des lumières avec des néons, on ne voit pas grand-chose. Ce jour là le radier du Dixmude était baigné par une belle lumière. J’ai pu ainsi jouer sur les ombres chinoises…
(EXTRAIT COLS BLEUS, bi-mensuel de la Marine n°2959)

Propos recueillis par Stéphane DUGAST

Gouaches : © Marie DETREE

 

2010

Le Marin

 

La curieuse ménagerie de Marie Détrée

 
 

 

Marie Détrée, peintre officielle de la marine, nous propose chez Glénat sa Grande ménagerie du bord. Un joli petit livre qui nous plonge dans l’univers imagé des marins et des bateaux, où, depuis la nuit des temps, les animaux ont toujours eu une place à part.

Cette ménagerie pourra sembler quelque peu pittoresque aux non-initiés. Les habitués de la grande bleue, de ses hommes et de ses embarcations ne seront pas étonnés, eux, de trouver dans le bestiaire de la peintre de sacrées bestioles.

Ils ne trouveront rien à redire qu’un chien jaune (directeur du pont d’envol) aboie lorsqu’il aperçoit dans le ciel des dauphins, des alouettes, des frelons, ou autres lynx (des hélicoptères) conduits par des hiboux (pilotes spécialisés dans les appontages de nuit). Ils ne s’effraieront pas de cette fascinante bête noire (un sous-marin) qui emprunte le goulet de Brest. Et ils ne s’étonneront pas de cette abeille (remorqueur) qui tire une frégate, ce drôle d’oiseau de grande envergure (mais également navire de guerre).

Quand aux longues oreilles (le lapin, mais également le navire-espion de la marine, le Dupuy-de-Lôme), il devra faire gaffe au renard (tableau de présence des officiers à bord) qui, repu, pourra aller faire un petit dodo dans sa caille (bannette, c’est-à-dire la couchette).

Les textes sont bien faits. Ils nous apprennent tout ce que nous devons savoir sur ces drôles d’animaux, tant d’un point de vue étymologique que littéraire et maritime. Les peintures, elles, collent au(x) sujet (s). Marie Détrée a l’art de capter les ambiances et les gestes pour les restituer dans un dessin précis aux très belles couleurs. Une peinture réaliste qui invite au voyage et à la découverte. Accompagné, bien sûr, de son animal favori.

 

Yann BESSOULE

 

La grande ménagerie du bord – Marie Détrée – Glénat – 25€ TTC

 
 
Le Pays Malouin nov.2010 Serge Asselah
Le Pays Malouin nov.2010 Serge Asselah
L'esquisse-septembre 2010 n°29 Rédaction:Bénédicte Magne
L'esquisse-septembre 2010 n°29 Rédaction:Bénédicte Magne

 

 

Signature à la galerie "Les artistes & la mer" les 28 et 29 octobre,à St-Malo, lors des préparatifs de la Route du Rhum!

Remise officielle de l'insigne des POM dans la cour d'honneur de l'Hotel de la Marine, le 12 juillet...en T22,et par 30°!

A écouter sur France Inter, dans l'émission de V.Josse "Esprit critique", un reportage de Frédéric Pommier, le vendredi 21 mai à 9h00 !

...et le 23 mai dans le "Crumble" de Marie Pierre Planchon...